polychromies photos

Portfolio d'un photographe amateur à Strasbourg

Pour ou contre la retouche photo ?

Raphaël Goetter

Article de Raphael Goetter Rédigé le 24 mai 2008. 1 226 lectures. commentez
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On s’est tous forcément dit : « cette photo est trop parfaite, elle est forcément retouchée », ou « de toute façon avec le numérique, plus rien n’est naturel : un coup de Photoshop et hop ! ».

Ah, vous ne vous êtes jamais dit ça ? Voilà qui ne m’arrange pas, alors supposons que ce soit le cas sinon passez directement au billet précédent.

Depuis quelques temps, des vidéos sympas circulent entre vos boites email. On y retrouve des exemples célèbres et étonnants de retouches photos poussées à l’extrême. Notamment la fameuse Evolution de Dove qui présente la métamorphose d’un visage « ordinaire » en beauté fatale pour affiche publicitaire, ou encore des retouches réalisées directement sur des clips vidéo (ceux de Britney Spears par exemple).

On imagine sans peine que toutes les photos de magazine sont retouchées (même les journaux respectables comme Paris-Match retouchent les poignées d’amour de notre président). Parfois, les retouches sont désastreuses (source).

Un billet intéressant sur Tutoweb nous apprend même que « Lorsque les paparazzi photographient à son insu Ségolène Royal, on fait en sorte d’avoir un minimum de correction et on lui retouche les jambes, si besoin… ».

La question de l’arrivée du numérique et de la révolution « retouche photo » qu’il a généré se pose souvent dans les forums de… discussion sur la photo.

Au cours de mes investigations, j’ai pu trouver un témoignage qui m’a paru très pertinent sur le sujet. Ce témoignage est celui de Stéphan du forum Planet-Powershot (que je remercie au passage de m’avoir autorisé à le citer). Je vous laisse en juger :

Le débat est permanent, il est est poilant en plus, parce que tout le monde a raison

  • Quand je prend une photo avec mon rolleiflex, si je veux forcer les contraste, je met un filtre rouge ou orange. Sur un 10D ou équivalent, je modifie des paramétres dans le menu…
  • Quand je tire une photo dont je juge qu’elle manque un poil de netteté ou que les niveaux sont trop pauvres, je joue sur les filtres et je grade plus dur sous l’agrandisseur. Avec photoshop, je joue du filtre d’accentuation et des courbes de niveaux.
  • Quand le négatif est sous exposé, trop « blanc », j’augmente mon temps d’exposition sous l’agrandisseur (bon, il y a des limites à ce qu’on peut récupérer quand même…). Quand mon fichier est sous exposé, je fait monter les niveaux sous photoshop (bon, il y a des limites à ce qu’on peut récupérer quand même…).
  • Quand le néga est surexposé ? L’inverse… Et pour le fichier : niveaux, tout pareil…
  • Et sinon ? Bas affaiblisseur pour le néga, ou l’inverse, c’est juste deux doigts de chimie et un peu de frousse de se planter. Pour le fichier ? Si c’est un RAW, on peut, sinon, tant pis pour toi, tu n’avais qu’a bien exposer…
  • J’ai mal cadré ? Recadrage… Sous photoshop, même punition. Mais avec un négatif en 6×6, à côté de l’image fournie par le capteur d’un 10D, j’ai de quoi recadrer sevère…
  • Je veux faire un beau flou sur ma photo ? Papier calque translucide sous l’agrandisseur, filtre de flou sous photoshop.
  • Une zone est trop sombre trop claire pour moi ? Masquage et compagnie sous l’agrandisseur, niveaux avec retour sur l’historique sous photshop.
  • Pas assez de peps sur le regard de ce charmand modèle ? Un coup de ferocyanure au pinceau sur le tirage, ou de filtre de netteté sur les yeux…

Bref, des trucs comme ça il y en a tellement que des gens font des bouquins pour les expliquer.

Alors là vous vous dites sans doute, tiens Stéphan il dit que la retouche c’est tout pareil entre l’argentique et le numérique ?

Non, faut pas pousser, si seulement je pouvait faire ce que je fait sous photoshop, aussi facilement, et tranquillement sous l’agrandisseur…

Tiens, virer ce poteau en plein milieu de la photo : facile, un coup de tampon, 30scd chrono, et en cas d’erreur on recommence… Avec mon négatif : lame de razoir ou cutter, et de la teinture grise pour ‘reboucher’. En cas d’erreur ? T’as doublé ta prise de vue ? Non ? Tant pis pour toi ;)

En fait, en numérique, certaine chose sont plus facile qu’en argentique, (l’inverse étant vrai aussi). C’est tout…

Et comme les éléments les plus courants, sont beaucoup plus faciles, on voit moins de mérite dans le travail réalisé sur une photo numérique que sur une photo argentique.
J’en témoigne ! J’ai vu des commentaires hallucinants sur des photos argentiques que j’ai faites, simplement parce qu’elles sont argentiques, et que les retouches sont plus difficiles. Quand c’est un cliché au D30, bof, avec photoshop, évidemment… Mais personne ne m’a jamais dit, bof avec un agrandisseur, du fil de fer et du carton, évidemment…

La photo, c’est subjectif. C’est sur, c’est rageant de voir une image époustouflante en sachant qu’a la base, c’est une erreur du photographe. Mais si le résultat est là…

PS : Pratiquement TOUTES les photos que vous envoyez chez votre photographe pour tirage sont retouchées. Et depuis des années… Mais comme vous ne le savez pas

Stéphan

(Source de la citation)

Finalement, quand parler de retouche et quand atteint-on le stade de l’infographie, de la transformation ?

En ce qui me concerne, je préfère parler de post-traitement quand il s’agit de recadrer une photo, récupérer une balance des blancs hasardeuse, un ciel un peu trop cramé, des couleurs un peu trop fades, …

Par contre j’utilise le terme de retouche lorsqu’il s’agit de modifier, d’ajouter ou de supprimer des éléments dans la composition : un fil électrique disgrâcieux, un gros bouton d’acné, … Une retouche lourde devient du montage photo.

photoshop10

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