Savoir utiliser les modes de son appareil photo
Article de Raphael Goetter
Pour un débutant, un appareil photo numérique (APN) se distingue souvent par un nombre de boutons et de fonctionnalités intimidants.
Sachez que tous les APN, même les reflex, prévoient la possibilité de pratiquer la photographie en mode « tout automatique », ce qui peut rassurer dans un premier temps.
Vous vous doutez néanmoins que les réglages automatiques restreignent considérablement les possibilités de l’appareil et l’originalité des prises de vue. Pour les amateurs passionnés, l’intérêt de la photo est justement de pouvoir s’affranchir du mode automatique afin d’obtenir ce que l’on a planifié. Bref, laisser libre court à sa créativité et non au hasard.
Alors quel mode de prise de vue choisir selon son profil ?
Tout le monde sur un pied d’égalité
Que votre appareil soit argentique ou numérique; qu’il soit compact ou reflex; qu’il soit tout automatique ou entièrement manuel; que vous en soyez conscient ou non, les principes techniques qui déterminent votre image sont toujours identiques au final.
L’image obtenue sur votre carte mémoire est un ensemble de trois paramètres essentiels : la sensibilité ISO, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation.
La combinaison de ces trois paramètres va façonner votre photo, quelque peu aléatoirement si vous choisissez les réglages tout automatiques, bien plus finement si vous optez pour une mise au point adaptée à la situation.
Pour débuter rassuré : le Mode Tout Automatique

Mode automatique souvent représenté par un rectangle vert sur les reflex (photo www.bestofmicro.com)
Il revêt différentes formes et différentes appellations : « Auto », « Intelligent Auto »,… mais au final, son rôle est le même : vous assister automatiquement en choisissant les réglages de votre appareil selon le contexte lumineux et la scène ambiante (macro, portrait, sujet en mouvement,…).
Certains APN proposent un mode « Auto Intelligent » qui va encore plus loin en jaugeant la sensibilité ISO et le mode d’autofocus (détection de visage par exemple).
Malheureusement, vous ne pourrez généralement même pas décider de forcer ou d’interdire le flash intégré : c’est l’APN qui décide, un point c’est tout !
Avantages : l’APN estime lui-même les valeurs d’ouverture et de vitesse d’obturation selon le contexte, afin que le cliché soit le plus net possible. Pratique pour des photos à la volée et si vous n’avez pas à vous soucier de critères artistiques.
Inconvénients : vous n’avez aucune maîtrise de votre appareil et de ses possibilités. Si la photo est ratée, vous ne saurez pas forcément pourquoi.
Variante : le mode Programme
Le mode Programme (généralement représenté par la lettre « P ») est un mode semi automatique où l’appareil vous laisse la main sur certaines fonctionnalités (flash, boutons macro et portrait, et couple ouverture/vitesse), tout en gérant le reste. On conserve alors une certaine liberté (si je veux interdire le flash, c’est moi qui le décide), tout en conservant les avantages du mode tout automatique.
Pour aller un peu plus loin : les Modes « Scène »

Le mode Scène ("SCN"), présent sur tous les APN modernes
Les modes « scène » qualifient plein de « sous-modes » semi automatiques qui varient selon les appareils.
Ils sont parfois présent directement sur la molette de modes : on les reconnaît alors sous la forme de pictogrammes représentant un visage, un athlète,… Mais généralement, on accède aux modes scènes via le mode « SCN » de la molette, puis le menu nous indique un panel de scènes différentes à choisir.
Selon l’appareil, le nombre et la nature de ces scènes varient : les plus fréquentes sont « portrait » (parfois avec variantes), « sport », « macro », « paysage », « portrait nocturne », « paysage nocturne », « fête ».
Chaque mode Scène est adapté à une situation bien particulière :
- Le mode « Portrait », va régler l’APN afin d’obtenir une ouverture la plus grande possible (pour que le sujet se détache de l’arrière-plan), et modifiera les couleurs afin d’adoucir les teintes de la peau.
- Le mode « Portrait de nuit » va déterminer très précisément l’intensité du flash et la vitesse d’obturation afin d’éclairer suffisamment la scène sans que les effets néfastes du flash se fassent sentir (sujet surexposé, ombres trop marquées,…)
- Le mode « Macro » est parfait pour tous les sujets à moins d’un mètre : la distance de mise au point de l’objectif est volontairement ramenée au minimum pour que les sujets très proches soient nets
- Le mode « Paysage » convient très bien pour un sujet éloigné ou un groupe de personnes car il règle l’ouverture sur une valeur moyenne ou haute (f/8 ou f/11) si la luminosité le permet
En clair, si le contexte correspond à une scène précise existante sur votre APN, vous avez tout intérêt à opter pour le mode scène.
Avantages : les réglages correspondent mieux à la scène ambiante que le mode « tout automatique ».
Inconvénients : à chaque mode scène correspond une fonction et des réglages spécifiques, il faut donc parfois jongler entre plusieurs modes si vous variez les types de photos.
Pour les amateurs éclairés : les Modes de priorité
L’ouverture et la vitesse sont deux fondamentaux à pratiquer si vous souhaitez réaliser des photos créatives qui sortent de l’ordinaire. Les modes de priorité sont présents sur tous les reflex et les bridges, il s’agit de la Priorité Ouverture (A ou Av) et la Priorité à la Vitesse (S ou Tv).
La vitesse d’obturation (ou temps de pose) désigne la durée pendant laquelle l’obturateur de l’appareil photo laisse passer la lumière. Elle s’exprime en fractions de secondes, ou en secondes. Plus la vitesse est élevée, plus vous aurez de chances que vos images soient nettes, mais plus le capteur nécessite de lumière pour obtenir une bonne exposition.
L’ouverture est une notion un peu plus complexe mais tout aussi essentielle. Elle correspond au diamètre occupé par le diaphragme, un ensemble de lamelles formant un éventail situé dans l’objectif. Plus ce diamètre est grand, plus la quantité de lumière admise par le capteur est élevée. Le diaphragme est également le régulateur de la netteté du cliché et de la profondeur de champ.
Les valeurs couramment admises pour représenter l’ouverture sont les suivantes : f/1,4 – f/2 – f/2,8 – f/4 – f5,6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22.
Augmenter l’un (Ouverture ou Vitesse) signifie augmenter l’autre pour obtenir la même exposition au final. Si vous fixez la vitesse d’obturation, alors l’appareil calculera l’ouverture correspondante. Retenez que plus les deux mécanismes sont liés : plus l’ouverture est grande, plus la vitesse sera rapide pour obtenir la même exposition. Et inversement.
Avantages : vous maîtrisez les aspects essentiels de vos clichés (profondeur de champ, flou, vitesse) tout en laissant l’appareil jauger de la bonne exposition finale.
Inconvénients : assez peu nombreux car dès qu’on goûte un certain temps à ces modes, on prend vraiment conscience des possibilités créatives qu’ils offrent.
Comme les « pros » : le Mode Manuel complet

Mode Manuel (source absolut-photo.com)
Le mode Manuel ( »M ») permet de maîtriser tous les paramètres de votre prise de vue, y compris l’exposition et obtenir exactement ce que vous souhaitez.
Avantages : c’est le mode « créatif » par excellence. C’est vous qui décidez de tout.
Inconvénients : vous devez jouer sur plusieurs réglages à la fois : ouverture/vitesse, mais aussi exposition, sinon votre photo finale risque d’être sous- ou sur-exposée. Pas toujours pratique pour les photos rapides à la volée.
Deux liens sur le mode manuel :
- http://www.absolut-photo.com/cours/mode-priorite/mode-manuel.php
- http://bokeh.fr/blog/articles/utiliser-le-mode-manuel-de-votre-appareil-photo/
Conclusion
Selon vos besoins, votre expérience et vos envies photo, les appareils photos numériques actuels offrent de nombreux réglages allant du « tout automatique » au « tout manuel ».
L’automatisme complet vous assurera une photo « réussie » dans le sens où elle sera la mieux exposée possible et la plus nette possible; mais pour véritablement tirer parti de votre APN et libérer la créativité qui est en vous, vous devrez vous approcher petit à petit des modes manuels.
Et vous, quel mode utilisez-vous ?

Goetter
Albums
Facebook
Twitter
Flickr
Admin
RSS
Je suis soit en Av soit en manuel. J’avoue que le mode manuel était intimidant au départ mais ensuite quand on commence à maîtriser l’appareil et qu’on peut faire les réglages qu’on veut, c’est très gratifiant !
Alors pour avoir discuté avec quelques « pros », je suis pas sûr que le mode manuel soit le plus utilisé chez eux (à part en studio, pour obtenir un rendu similaire sur toutes les vues).
Le mode P, souvent dénigré par de nombreux « experts » en devenir, est quand même l’un moyen les plus simples de concilier spontanéité, réactivité et efficacité (entendre, obtenir un cliché « exploitable ») – surtout si comme sur mon reflex on a la possibilité de jouer avec la molette pour changer le couple ouverture/obturation pour rapidement s’adapter à d’éventuelles velléités artistiques… Pour moi, le choix d’un mode dépend finalement plus du terrain plus que du profil utilisateur (même si faire jouer un grand débutant avec le mode manuel peut s’avérer assez frustrant pour lui, même si formateur).
Enfin, personnellement j’utilise souvent le mode A quand je souhaite vraiment travailler la profondeur de champ, je passe plus rarement en S quand l’action est rapide (avec les enfants en bas âge, c’est quasiment impératif), et en mode P en mode « je suis à l’arrache mais faut qu’je shoote à tout prix » ^^
Enfin, quitte à shooter en M, je conseillerai de privilégier autant que possible le format RAW pour rattraper les inévitables erreurs d’exposition quand on commence à jouer avec
> Comme les « pros »
Mouais ça reste à prouver
> L’image obtenue sur votre carte mémoire est un ensemble de trois paramètres essentiels : la sensibilité ISO, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation.
+ les post-traitement du boîtier lorsqu’on règle saturation, etc.
> Et vous, quel mode utilisez-vous ?
Ça dépend, A lorsque je veux jouer avec la profondeur de champ, S lorsque je veux jouer avec les effets de flou, P lorsque j’ai pas le temps. Sur le D3 je n’ai plus de mode scène mais je peux créer les miens ce qui est vraiment beaucoup plus efficace à l’usage
Je me suis rendu compte à l’usage que je passe la majorité du temps en mode priorité ouverture, en iso moyens (entre 200 et 640) pour ne pas avoir besoin de trop me préoccuper de la vitesse.
Je bosse en manuel quand je dois faire des photos de spectacles, ou c’est plus simple de gérer soi-même le couple vitesse/ouverture plutôt que de laisser faire l’appareil, qui a tendance à s’emmeler les pinceaux (vitesse trop lente mais zones cramées, balance de blancs fantaisistes à cause des spots de différentes couleurs etc.)
Perso, j’utilise souvent les modes priorité à l’ouverture et priorité à la vitesse, selon le sujet. Je règle les valeurs au mieux selon les circonstances, éventuellement en tâtonnant un peu (merci l’écran LCD).
Mais, objectivement, Madame, qui utilise les mode Scenes, fait des photos 1000x plus belles que moi.
Je pense qu’au-delà des réglages et des possibilités de l’APN, il y a les limites… du photographe
En passant au reflex je suis passé en manuel directement (ouais, j’avais pas envie de lire le manuel pour savoir à quoi correspondaient les semi-manuels).
Résultat, maintenant quand je passe sur ces modes, je ne suis jamais satisfait car c’est trop clair ou pas assez de bokeh
Excellent article. Lorsque je commençais la photo, j’utilisai les modes auto ou scène pour avoir une idée de bases des différents réglages puis je passais en mode manuel en me basant sur ces réglages et en les faisant varier un peu pour voir les effets que cela produisait.
Ca me permettait de mieux comprendre les différents réglages et de voir l’impact de ceux ci sur une photo.
Aujourd’hui j’avoue que je travaille principalement en priorité vitesse et priorité ouverture qui sont un bon compromis.
En tout cas, félicitations pour ce blog qui va directement dans mes favoris
Bonne année à toutes te à tous
Le mode M a aussi l’avantage ne pas bouger lorsque que les conditions de lumières sont très variables (en concert par exemple).
Une fois que c’est réglé, c’est réglé et le rendu des photos et plus semblable à la réalité lumineuse de l’instant que lorsque que la cellule essaye de mettre du gris 18% partout…
Très pratique aussi lorsqu’on travaille au flash et que l’on veut « tuer » la lumière ambiante
Merci à tous pour vos retours d’expérience qui enrichissent vraiment ce billet
Il me semble que seul le mode manuel permet de gérer l’exposition grâce au seul couple ouverture/vitesse. Pour le reste c’est toujours du full ou semi-auto selon les modes Pas de correction d’exposition possible en manuel donc par exemple. Shooter en RAW permet de rattraper facilement l’exposition si jamais elle est pas optimale. Mieux vaut sous exposer un peu que surexposé parce qu’en numérique ça ne pardonne pas et quand c’est cramé, on peut plus rattraper.
On choisi son mode en fonction du contexte, on pourra préférer une priorité ouverture pour le portrait, la priorité vitesse pour une exposition longue par exemple (S veut dire speed et pas sport comme je l’entends souvent).
L’avantage du mode manuel c’est qu’une fois qu’on a les bons réglages, on peut se concentrer sur la prise de vue. Je vois trop souvent des photographes le nez dans leur écran au lieu de regarder autour d’eux. On se laisse facilement avoir avec toutes ces possibilités de réglages. Le mode manuel est bien pour apprendre à exposer ses photos, et comme ça on est pas dépaysé si on repasse sur de l’argentique
Franck : « Mieux vaut sous exposer un peu que surexposé parce qu’en numérique ça ne pardonne pas et quand c’est cramé, on peut plus rattraper. »
> Par ma propre expérience et d’après beaucoup d’articles que j’ai pu lire, ce serait plutôt l’inverse : il y a beaucoup plus d’information dans les tons clairs que dans les tons noirs.
Et pour éviter le bruit numérique il vaut mieux éviter quoi qu’il arrive de devoir éclaircir une photo sous exposée, quitte à « exposer à droite » :
- http://www.volkergilbertphoto.com/exposer_raw-2.html
- http://bokeh.fr/blog/articles/histogramme-savoir-exposer-a-droite/
Oui pour l’expo à droite, mais quand c’est cramé, c’est cramé.
Si c’est cramé que sur une des couleurs, on peut encore en tirer quelque chose, mais sinon, c’est dur.
En le réglant en spot, ça aide, mais les résultats sont toujours trop variable (expo qui change franchement d’une photo à l’autre selon le point où a été faite la mesure…)
D’où l’intérêt du mode manuel (mon boitier à tendance à vouloir exposer plus que nécessaire dans les conditions « spectacle »). Et puis avec le réglage par tiers de valeur, en tâtonnant un peu (vive l’histogramme !!), on arrive à de bons résultats.
Ma propre expérience à moi concernant l’expo à droite, c’est que c’est surtout valable sur les APN d’entrée voire milieu de gamme, qui gèrent généralement assez mal la surexpo et crament les hautes lumières : c’est alors généralement irrattrapable, *même en RAW*… On a beau avoir 2048 niveaux d’informations dans cette zone, si tous les bits sont à zéro, c’est niqué
Par ex. certains suggèrent de systématiquement sous-exposer d’1/3EV par défaut sur le 450D (ou d’utiliser le mode Priorité Hautes Lumières, qui a d’autres limitations par ailleurs); car même bruitées, les informations dans les ombres ont au moins le mérite d’exister, elles…
Donc exposer le plus à droite possible en évitant la surexpo à tout prix, pas fastoche mais payant quand on y arrive, surtout en RAW. En JPEG mon conseil est d’utiliser un bracketing de ±2/3EV systématiquement, au cas où.